Satyam Nadeen

Ces deux années entières passées dans cette cellule de prison de comté avaient suffisamment dénoué toute adhérence à une identité « moi » pour que la Source pût dès lors pénétrer et tout imprégner en tant qu'identité du Sujet JE SUIS CELA.

Autrefois, je me demandais pourquoi un Dieu omniscient, omnipotent et omniprésent, en d'autre termes, illimité en toutes choses, voudrait créer un univers où mal, souffrance et douleur fussent endémique.

Bien sûr, j’avais en tête, par le jeu du conditionnement, le concept d'une entité Dieu.

Les Maîtres de l'Advaita peuvent ici nous aider avec leurs visions des choses. Ils voient Dieu de manière Impersonnelle - pas d'image de père suprême à la barbe blanche possible dans la compréhension de « Conscience est tout ce qui Est ».

Ils disent donc que Conscience,
en tant que Source en un état non manifesté, est Satchitananda
(Sat = réalité éternelle, Chit = Conscience pure, Ananda  = félicité).

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La Source est complètement consciente et bienheureuse, mais, en cet état de repos elle ne peut se connaître comme le Sujet, excepté à travers un objet qui, dans ce cas-ci, serait la totalité de la réalité manifestée.

Ainsi la Source a un rêve, 
l’objet de cette connaissance d’elle-même,
fait de la totalité de toute apparence manifestée.

Dans ce rêve, nous, les organismes corps / mental individuels, 
ne sommes pas les rêveurs mais les rêvés.

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Au repos, la Source est la quintessence même de la puissance, 
de la conscience et de la béatitude infinie, illimitée. 
La seule et unique chose que la Source n'a pas, c'est la LIMITATION !

Ainsi prit corps mon équation liberté / limitation.

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Nous avons tous fait des rêves au cours desquels nous sommes plongés dans d’affreux ennuis ; les méchants en ont après nous, nos pieds donnent l'impression d'êtres figés sur place et nous ne pouvons même pas crier au secours. Si nous nous trouvons en possession d'une arme, au lieu d'atteindre leurs cibles les balles chutent lamentablement du canon, Nous nous réveillons tremblants, couverts de sueur froide et soulagés au-delà du possible que ce n'ait été qu'un cauchemar et que la vie ne soit pas ainsi limitée.


C'est semblable à ce qui arrive à la Source. 
Elle aussi rêve qu’Elle est limitée par cet univers d'apparences, 
et cette illusion est personnifiée par les organismes mental/corps individuels.


Ce rêve a pour la Source la même réalité que nos rêves en ont pour nous-mêmes. Le rêve de la Source est complet, assorti de toutes les sortes possibles et imaginables de limitations : guerres, famines, pestes, enfants maltraités, douleurs, souffrances, pollutions, morts et ainsi de suite à l'infini.

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Au fur et à mesure que chaque organisme mental/corps trépasse 
et retourne à l'être, il y a interruption du rêve individuel, et la Source éprouve :
« Ah ! Toute cette limitation n'est pas réelle après tout ! Je suis bien infinie en tous points »


Et ainsi le drame de la Source qui se divertit Elle-même, 
en rêvant des rêves de limitation, poursuit sa représentation
jusqu'à la prochaine expiration, conduisant à nouveau au calme absolu,
jusqu'à l'inspiration suivante.


Extraits de
 "De la prison à l'éveil" - Satyam Nadeen
(Le Relié Poche)

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