Règle du je et fin de je

L’aventure avait pourtant bien commencé : l’émergence du "je" de la  grande mer cosmique ... puis de l'inconscient collectif !

La prise de conscience de soi, la sensation d’exister individuellement, de pouvoir décider, agir en toute liberté ! Whoua !!

Le petit enfant de quatre ans rejoue cette aventure : l’émergence au moi-je,  l'émergence à la sensation de pouvoir  bouger, marcher, bouger,  danser,  parler, chanter !   Whoua !!

Pouvoir se regarder dans le miroir et pouvoir dire c’est moi  ! Whoua !

Et puis tout s’est gâté, comme un enfant trop gâté, qui finit par se prendre pour le roi et devenir un petit tyran, un enfant roi.

Le "je roi" ça finit mal,  faute de limites : alors  les événements de la vie se chargent d’en mettre.

Inflation du "je", narcissisme à outrance  .... boomerang ... début de la fin,  fin du je !

Le je déraille, le je est mal-heureux !

Le je se plaint, le je perd pied, le je bat de l'aile, le je est déprimé, le je veux en finir,  le je veux mettre fin à ses jours.... fin de partie échec et mat !

Il n’y a pas de je heureux  !

L’illusion du bonheur intense vécue finit toujours par s’arrêter, par l’usure, un trop d'expansion, un trop d'illusion !

La vie s’amuse à mettre des grains sable dans la  grande mécanique du je, s’amuse à lui faire des croche-pieds afin qu'il ne se prenne plus pour un bœuf alors qu’il n’est qu’une grenouille.

Après avoir cru être le roi, le je n'est plus qu’un mendiant, un SDF, un sans-logis, un sans-abri , un je moins que rien.

Un je moins qu’un verre de terre ... qui ne mérite plus d’exister.

Voilà le mot est lâché  : ne plus d’exister ....

Détruire son corps c’est ce qui vient à l’idée en premier, parfois ça réussit, parfois même après plusieurs tentatives ça ne marche pas, la vie ne veut pas de notre mort.

La vie veut ressentir notre vie.

Il faut longtemps pour comprendre cela  ... voir CELA,  vivre CELA.

Il faut souvent même plusieurs vies pour comprendre, pour percevoir, sentir qu’on peut rien attendre d’un je, un je qui fini toujours par être un faux jeton sur l'échiquier de la vie.

Perdre le je  sans perdre la tête tel est l'enjeu de la nouvelle aventure.

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire, vivre sans je ?

Difficile à croire en notre époque moderne ou le développement personnel  est en  constante augmentation ou le narcissisme fait loi, que quelqu'un veuille en finir avec son je ?

En général on veut le guérir, l’améliorer, le perfectionner, l'éveiller... mais surtout pas y mettre fin.

Même un je Eveillé est toujours un je, certes un peu plus lumineux un peu plus beau, plus rayonnant, plus charismatique ... mais c'est toujours un je qui finit  par se prendre les pieds dans le tapis de sa propre image.

Alors la quête commence, une quête longue, ardue, la quête d'une espérance d'un je éclairé, illuminé. 

Qui suis-je  ? y a-t-il une vie après la mort ? y a-t-il une vie dans la vie  ? y a-t-il une vie qui vaut le coup d’être appelée vie ?

Alors la quête commence en adoptant une croyance, une religion, une philosophie, en priant, en se privant, en  militant, en agissant, en voulant refaire le monde !

On fait du yoga , de la méditation, de la hutte de sudation, on récite des litanies, des mantras, on voyage dans le temps, dans l'espace, on rencontre des extraterrestres.... ou des terrestres extras !

On se pose la question directe "Qui suis-je ?  Qui parle,  Qui pose la question ! voie directe mettant tout de suite le je face au précipice, face à son propre néant !

Voie directe, sans compromis, sans arrêt, sans garde-fou sans filet, saut sans parachute, sans paratonnerre,  sans parapluie, sans par soleil ... tout nu face à l’éternel comme au premier jour de sa vie, sans rien à quoi s'accrocher...

Ou voie progressive gravissant à mains nues, péniblement, sac sur le dos le versant de la montagne ou montant marche par marche le grand escalier céleste !

Mais qu’elle voie choisir ? doutes ? tergiversations , agitation ! dispersion ! dépression !

Mais pourquoi me poser toutes ces questions  ? qui suis-je pour vivre  une vie comme ça ?

Mille questions... grande fatigue  ... usure  ...désespoir ...sans espoir ...terminus ... tout le monde descend.

Mais personne ne descend là  ... le train  n’était qu’imaginaire, le trajet n'était qu’un voyage illusion, un mirage  au milieu du désert !

Les 'je' sont faits  : échec et mat !

Silence mental, silence intérieur, stopper le monde, arrêter la course, silence,  transparence, lumière !

Mais comment vivre avec CELA dans ce monde ?

C’est justement CELA qui fait vivre  dans ce monde !

Un silence sans bruit n’est pas un vrai silence  !

Une lumière sans ombre n’est pas une vraie lumière !

Une transparence sans une opacité n’est pas une vraie transparence !

CELA sans son contraire n'est pas vraiment CELA !


Nil

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